Répondre à l'invitation des anges
Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous.
Évangile selon saint Jean chapitre 1, verset 14
Si, en ce matin de Noël, je vous dis « feliz natal » dans la langue portugaise de mon Brésil natal, vous ne comprenez pas nécessairement ce que je dis. Mais si, maintenant, je vous souhaite « joyeux Noël », vous me comprenez bien, mais vous devinez que je ne suis ni Parisien ni Picard. 
Je viens d’ailleurs. Vous percevez que je parle avec un accent, n’est-ce pas ? Et chaque accent révèle sa langue maternelle. Notre langue maternelle est celle avec laquelle notre mère a répondu quand nous avons crié de faim. Dans cette langue, nous avons appris à appeler nos parents, à réciter nos premières prières, à exprimer nos sentiments, à structurer notre pensée. 
Si j’apprends ta langue, je ne fais pas seulement l’effort de m’exprimer pour que tu me comprennes, mais j’entre dans ton monde. Je vous invite à penser notre présence dans le monde, ce monde que Dieu a tant aimé, à partir de l’accent chrétien. Cet accent chrétien, c’est l’accent de Jésus. Ses premiers disciples le percevront quand le Maître parlera dans leur langue, d’une manière tellement originale, avec une humble autorité, une noble simplicité. On peut aussi appeler cette différence chrétienne « l’accent du Royaume des cieux ». C’est déjà celui des anges qui nous invitent, avec les bergers, à adorer l’enfant et chanter la gloire de Dieu*. 
L’Esprit saint qui a fécondé la Vierge Marie et conduit Jésus nous donne l’accent du Royaume de Dieu. Prendre l’accent de Jésus, c’est entrer dans l’intimité du Père. Joyeux Noël !

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* Évangile selon saint Luc chapitre 2, versets 10 à 14